Ville-chantier poétique, suite…

Athènes-Téhéran, suite…

L’année 2015 a commencé et s’est achevée dans la stupeur générale face à l’actualité du monde et aux attaques terroristes contre Paris, ses journaux satiriques, ses supermarchés, ses cafés, ses lieux de spectacle. La décision préalable de Ville-chantier poétique de se donner un moment de réflexion, afin de mieux cerner ses objectifs et de repartir pour une nouvelle édition coïncida donc avec une nouvelle réalité, nous interpellant aussi bien individuellement que collectivement.

Rappel :

Le projet de Ville- chantier poétique avait pour point de départ le thème Athènes-Téhéran. L’idée principale était de faire se croiser  les regards d’écrivains, de cinéastes, de plasticiens, de musiciens, de photographes et d’autres artistes sur nos deux villes de prédilection. Lors de la deuxième édition, nous nous sommes interrogées pendant quelques rencontres sur des thèmes tels que la frontière et l’histoire, afin d’approfondir notre réflexion sur les spécificités complexes de l’espace géographique qui englobe nos deux villes.

Pour cette nouvelle étape, comme nous l’avions annoncé lors de notre AG en 2015, nous nous proposons un retour à la source du projet afin de rassembler les matériaux artistiques des deux premières étapes et de s’acheminer vers la création d’un spectacle vivant.

A première vue, deux thèmes en seraient les sujets principaux :

-  Les deux villes d’Athènes et de Téhéran

-  La famille

Pour cela, nous avons entamé depuis le début de l’année écoulée une recherche assidue de pièces de théâtre, de chroniques, d’histoires, de fictions et de témoignages pour nourrir un travail d’écriture et de composition qui servirait de base à notre réflexion. Ce travail sera long et pourrait prendre une forme participative à certains moments de sa genèse sous forme d’atelier ou de workshop. Nous vous tiendrons au courant, bien évidemment, de l’évolution de celui-ci.

Mais ce rappel, ne nous fera pas oublier le sujet principal de ce courrier qui n’est autre que de souhaiter une bonne année 2016 à vous tous, adhérents et amis qui nous accompagnez depuis trois ans. Vous souhaiter une bonne année malgré la violence quotidienne qui nous entoure ne relève pas à nos yeux de l’inconscience mais témoigne de la confiance profonde que nous avons dans l’intelligence qui consiste à construire des ponts entre le monde et nous. Entre Athènes et Téhéran.

Ville-chantier poétique

Lettre aux adhérents

 

Chers amis, chers adhérents,

après quelques mois d’interruption due à la fermeture de l’Hôtel Lutétia pour travaux, nous avons le plaisir de vous annoncer la reprise de nos rencontres à l’Hôtel Massa, siège de la Société des Gens de Lettres dans le XIIIème arrondissement.

Ainsi, dans le cadre d’un étroit partenariat avec cette prestigieuse institution, nous entamons un nouveau cycle de rendez-vous intitulé « Orient/occident : d’une frontière à l’autre » et qui propose comme champ de réflexion le vaste espace géographique qui va d’Athènes à Téhéran, traversé par des influences diverses.

Le premier rendez-vous est dorénavant fixé au 4 juin à 18h30, et nous avons invité Olivier Delorme, historien et romancier, auteur de « La Grèce et les Balkans » de nous faire part de sa réflexion sur le thème de la frontière. Sa conférence sera suivie d’une lecture en musique d’extraits de « Partir, rester, revenir » de l’écrivain et penseur iranien Shahrokh Meskoob.

Pour cette nouvelle série, l’entrée sera gratuite, mais nous comptons sur votre soutien affectif et matériel, dont dépend toujours la survie de notre association. A cette occasion et afin de pouvoir organiser au mieux votre accueil, nous vous invitons à renouveler votre adhésion ou encore, pour ceux qui le souhaitent, nous envoyer vos dons à notre adresse :

Association Ville-Chantier poétique

6- Rue Boutebrie

75005 Paris

Au plaisir de vous retrouver le 4 juin.

Anne Dimitriadis

Sorour Kasmaï

 

Mercredi 4 juin – 18h30

Société des Gens de Lettres – Hôtel Massa

38- Rue du Faubourg Saint Jacques

Tel. 01.53.10.12.15

Réservation : contact@annedimitriadis.com

Site officiel : www.annedimitriadis.com

 

 

Ville-chantier poétique – « Athènes-Téhéran »

Orient/occident : d’une frontière à l’autre

Chers amis, chers adhérents,

la première saison de « Ville-chantier poétique » au Lutétia a eu lieu en deux temps  et sept rendez-vous : d’octobre 2012 à avril 2013 et ensuite de septembre à octobre 2013. Ces sept rendez-vous nous ont non seulement permis d’installer un vrai chantier de réflexion sur les différents aspects artistiques de nos deux villes de départ Athènes et Téhéran, mais ils nous ont apporté également la possibilité de développer notre association à laquelle vous avez été assez nombreux à adhérer.

Le programme de la deuxième saison que nous avons intitulé « Orient/occident : d’une frontière à l’autre » aura pour ambition d’élargir notre champ de réflexion à l’ensemble de l’espace géographique qui va d’Athènes à Téhéran en incluant à nos travaux d’autres villes intermédiaires qui d’une manière ou d’une autre partageraient avec elles tel ou tel aspect (historique, géographique, architectural, etc.) de leur existence.

Cependant, l’expérience de la première saison nous a aussi fait évoluer dans le domaine de la forme. Nous avons en effet pris conscience que l’artistique ne déterminait pas seulement à nos yeux le contenu de chaque rencontre, mais qu’il devait en définir aussi la forme. L’expérience de notre toute dernière rencontre a été décisive dans cette conclusion. Nous nous sommes aperçus que la forme fragmentée de ce rendez-vous, la mosaïque de voix qui y retentissaient, l’espace modelé différemment, correspondait plus à l’idée que nous nous faisions de ces chantiers.

Dans cette perspective, nous proposons pour notre deuxième édition « Orient/occident : d’une frontière à l’autre », trois rendez-vous artistiques autour de trois disciplines qui seront la philosophie, l’Histoire et l’architecture. Pour la réalisation de ces rendez-vous, nous sommes à la recherche d’un ou de plusieurs nouveaux lieux. D’abord, parce que l’Hôtel Lutétia ferme bientôt ses portes pour des travaux pour une durée indéterminée, ensuite parce que de nouveaux espaces pourraient susciter de nouvelles approches formelles des thèmes abordés et nous libérer ainsi du cadre rigide de salons d’Hôtel aussi somptueux soient-ils.

Vos suggestions, idées ou connaissances de nouveaux lieux susceptibles de nous accueillir pour une ou plusieurs dates seront évidemment bienvenues.

Enfin, nous souhaitons à vous tous une très bonne année, pleine de nouveaux chantiers et de poésie.

A très bientôt !

Anne Dimitriadis

Sorour Kasmaï

Samedi 26 octobre 2013, Hôtel Lutétia, 18h

Samedi 26 octobre , Hôtel Lutétia, 18h

Athènes-Téhéran, d’un texte à l’autre

θραυσματα /  تکه پاره ها

La poétique d’une ville n’est-elle pas avant tout définie par les prolongements oniriques dont elle est capable ?

Fragments de textes littéraires et poétiques, grecs et persans, d’aujourd’hui et d’hier. Bribes de chants, éclats de voix, esquisses de mélodies : moments poétiques, nés de la relation entre un témoin sensible et sa ville. La Ville comme lieu d’exil ou de retour, de déambulation,  de solitude et de rêverie….

Hôtel Lutetia / 45, bd Raspail / 75006 Paris

Tarifs : 12 €, 10 €, 6 € (adhérent, étudiant).

Sur place ou sur réservation par mail : contact@annedimitriadis.com

Samedi 28 septembre, Athènes – Téhéran, le Street Art, Hotel Lutétia, 18h

Photo de Ianna Andreadis

Le street art a envahi les rues athéniennes. D’un quartier à l’autre, la physionomie de la ville a changé.
Du côté de Téhéran, de façon moins ostentatoire, il apparaît comme l’expression directe d’une contestation détournée et possède un aspect éphémère et parfois clandestin.
Lors de cette rencontre, ce phénomène propre aux villes modernes sera abordé de façon artistique bien-sûr mais aussi sociologique, urbanistique et sociétale. Pour cela, nous avons recueilli les réflexions d’auteurs et d’architectes, des extraits de films, photos et textes à l’appui.

Avec la participation de Shahla Rostami, journaliste à Radio France Internationale, de Manolis Andriotakis (en duplex d’Athènes), blogueur et documentariste, photos et commentaires de Georges Vafias, architecte et décorateur, et l’album athénien de Ianna  Andreadis, artiste plasticienne .

 

Hôtel Lutetia / 45, bd Raspail / 75006 Paris
Tarifs : 12 €, 10 €, 6 € (adhérent, étudiant).
Sur place ou sur réservation par mail : contact@annedimitriadis.com

 

Petros Sevastikoglou, metteur en scène et cinéaste grec

Réalisateur, metteur en scène, producteur, Petros Sevastikoglou est né en 1959 à Moscou de parents grecs. Il a les nationalités grecque et française. Il a fait des études de sociologie à l’Université Paris X Nanterre (où il a obtenu un Master – Sémiotique et esthétique de l’image, sous la direction de Jean Baudrillard) et de cinéma à l’Ithaca College (New York – USA) dont il est sorti Bachelor of Science. Il travaille et vit à Athènes.

FILMOGRAPHIE / longs métrages

Attractive Illusion (2012) Production : P.Sevastikoglou, Fantasia audiovisual, Nigerian Edo state community of Athens. Participation aux festivals : Edimbourg, Le Caire, Tallin.
Trois Instants (2008) Production : Fantasia Audiovisual, Centre du film Grec, ET1.
Participation aux festivals : Sélection internationale au Festival de Salonique, Strasbourg
Le vent sur la ville (1997) Production : Stefi Film, Centre du film Grec, ET1, Lumière (Chypre), MACT prod (France) et avec le soutien d’EURIMAGES et de l’European Script Fund. Prix d’Etat 1996 : 1er Prix pour Jeune Réalisateur, Décors, Son. Participation aux festivals : Sélection internationale au Festival de Salonique, Moscou, Le Caire.

AU THEATRE
L’inattendu de Fabrice Melquiot, Théâtre Embros (2005) ; Le diable en partage de Fabrice Melquiot, Théâtre National de la Grèce du Nord (2004) ; 4.48 Psychose de Sarah Kane, Théâtre Embros (2003) ; Qui a découvert l’Amérique de Chryssa Spilioti, Théâtre Argo (2002) ; Ce n’est pas que du jeu Pièce collective, Théâtre Technochoros (2002) ; Le magicien d’Oz (adaptation), Théâtre HBH (2000) ; Les bonnes de Jean Genet, Théâtre Technochoros ipo skian (2000) ; L’île des émigrés Pièce collective, Scène expérimentale du Théâtre National Grec (1999)…

Longs métrages :
  

A voir : Attractive Illusion (trailer)

 

Pedro Kadivar : metteur en scène et auteur iranien

Ecrivain et metteur en scène, Pedro Kadivar est né en Iran. Il arrive en France en 1983 à l’age de seize ans et y continue ses études secondaires puis universitaires. Il vit une rupture brutale avec sa langue maternelle, le persan, qu’il refuse d’entendre, d’écrire et de parler pendant sept ans. Il travaille comme assistant à la mise en scène puis comme metteur en scène à Paris parallèlement à ses études universitaires en théâtre et publie ses articles dans des revues de théâtre. Ses rencontres avec Edmond Jabès à Paris en 1989 et avec Heiner Müller à Berlin en 1992 ont été pour lui, dit-il, violemment importantes. En 1996 il s’installe à Berlin, continue à publier et à mettre en scène. Il y achève une thèse en littérature sur Proust (Marcel Proust ou Esthétique de l’entre-deux, Paris, L’Harmattan, 2004), continue à écrire aussi pour le théâtre. Il retourne en Iran au printemps 2004, après vingt et un ans d’absence, et y passe quatre semaines.

Pour aller plus loin :
remue.net

Terres d’exil. Territoires d’écriture
Pedro Kadivar en résidence à l’Odéon–Théâtre de l’Europe.

Entretien avec Pedro Kadivar pour « L’Imparfait du Présent : Pays natal »
Les Francophonies en Limousin)

« On ne choisit pas sa langue maternelle tout comme on ne choisit pas de naître, et l’on s’en aperçoit après-coup. On perçoit plus tard sa propre naissance, elle nous apparaît lentement, de temps à autre, tout le long de la vie, derrière les vagues de la mer quotidienne, dans le noyau du banal, ou bien elle se révèle à nous brutalement, violemment, un éclat au cœur de l’habitude dans des moments d’extrême nudité, d’extrême solitude, la conscience d’être né un jour et de continuer à vivre depuis ce jour. La naissance est alors rendue à l’événement unique qu’elle fut, elle n’est plus anodine, plus réductible à une date et à un lieu. Et la langue maternelle ? Y a-t-il un moment, où la langue maternelle se montre à nous comme ce dont on n’a pas décidé et qui nous a fait être ce que nous sommes ? Y a-t-il un moment où on contemplerait sa langue maternelle, où on sortirait d’elle pour la contempler hors de toute langue ou bien depuis les bords d’une autre langue ? » (Pedro Kadivar.)

In remue.net – 11 juin 2012

Quatrième RDV de Ville-chantier poétique : Hôtel Lutetia, le 23 mars à 18h – « Etre étranger dans sa ville », avec Pedro Kadivar et Petros Sevastikoglou

Être étranger dans sa ville
Pedro Kadivar metteur en scène et auteur iranien et Petros Sevastikoglou metteur en scène et cinéaste grec

Moscou-Athènes-Shiraz-Berlin
Deux hommes de théâtre, d’image et d’écriture, ayant vécu, étudié et travaillé dans différents pays et s’exprimant dans plusieurs langues, confrontent leur travail et croisent leurs expériences dans l’une et l’autre ville.
Extraits de L’extrême réel – Deux voyages en Iran de Pedro Kadivar, lus par lui-même, et du film que Petros Sevastikoglou tourne en ce moment à Athènes et Paris.

Prochains RDV :
• Concert le 13 avril 2013
• Rencontres / images… autour du street art à Athènes et à Téhéran, le 29 juin 2013

Edition : Vous trouverez le 23 mars à la vente une édition de 99 exemplaires numérotés du texte de Jean-Christophe Bailly Athènes, Téhéran, l’une et l’autre (lu le 26 janvier 2013) et de celui de Sorour Kasmaï Téhéran (lu le 6 octobre 2012). Prix : 5 €
Pour réserver votre exemplaire, vous pouvez  nous contacter ici

Hôtel Lutetia / 45, bd Raspail / 75006 Paris
Tarifs : 12 €, 10 €, 6 € (adhérent) et 5 € (étudiant).
Sur place ou réservation par mail : contact@annedimitriadis.com

Devenez adhérent de l’association « Ville-chantier poétique » Vous bénéficierez automatiquement du tarif préférentiel de chaque nouvelle rencontre, expo, projection… sur toute la durée du projet « Athènes-Téhéran ».

Jean-Christophe Bailly – Revue de presse

Jean-Christophe Bailly est né à Paris en 1949. Depuis plus de trente ans (son premier livre, La légende dispersée, une anthologie du romantisme allemand, paraît en 1978), il a publié une vingtaine de livres qui, le roman mis à part, arpentent tous les champs de l’écriture : essais (philosophiques ou esthétiques), poésie, journaux, théâtre. Si sa démarche présente, en dépit ou au-delà de cette diversité, une très grande unité, c’est d’abord parce qu’elle prend sa source dans le désir ou la volonté du poème. Le poème est le mode le plus générique à partir duquel Jean-Christophe Bailly s’est tourné vers la peinture, l’architecture, la photographie ou la philosophie. Ecrire à la frontière des genres, conduire l’écriture au-delà des genres, sur le mode de la dissémination ou de « l’étoilement », pour reprendre un de ses titres, c’est faire l’expérience de l’extériorité la plus immédiate, revenir aux choses, aux étonnantes manifestations du spectacle profane, au règne de l’éphémère et du furtif, à cette « prose du monde » (Merleau-Ponty) dont Basse continue, long poème composé de soixante « chants » en prose coupée, restitue peut-être le plus justement la rumeur et le flux indistinct. Toucher à tout, explique Jean-Christophe Bailly, ce serait peut-être répondre à tout ce qui nous touche, et l’écrivain de se réclamer de la grande trouvaille du romantisme allemand, la théorie de la dispersion et de la communication universelles des signes, en citant Novalis : « Nous vivons dans un roman colossal, en grand et en petit. » […] Jean Torrent
Lire l’article en entier (France Culture)

 

Le Dépaysement, de Jean-Christophe Bailly : un chef-d’œuvre qui célèbre la France
Publié aux Editions du Seuil (coll. « Fiction & Cie »), Paris, 2011
Daniel Salvatore Schiffer, philosophe, revient sur ce livre qui exalte l’enracinement sans chauvinisme.

Il est rare, trop rare, qu’un auteur sache parler de son pays sans tomber dans le cliché littéraire ou, pis encore, verser dans un nationalisme de si mauvais aloi qu’il finit par confiner, comble du provincialisme, au chauvinisme le plus étriqué. C’est pourtant ce triple piège que réussit à éviter merveilleusement bien – l’exploit n’est pas mince – Jean-Christophe Bailly dans cet essai, « Le Dépaysement – Voyages en France« , où la connaissance du territoire le dispute, par sa subtile profondeur, à l’élégance de l’écriture.
Car Jean-Christophe Bailly, […] n’y fait pas seulement preuve d’une remarquable maîtrise, tant sur les plans historique que sociologique, de son sujet : mettre à jour, à l’heure d’une mondialisation qui n’a d’universelle que le nom, l’identité, à travers la description de ses paysages les plus inattendus comme de ses pratiques les plus méconnues, de la France contemporaine.
Il y fait montre également, y compris sur le plan poétique, d’une sensibilité que bien des écrivains d’aujourd’hui, surtout les plus coincés au sein de leur nombrilisme germanopratin, pourraient aisément lui envier.

Le « dépliement » d’un livre contre le repli d’un pays
Ainsi ce livre à la texture particulièrement originale, que l’on pourrait légitimement situer aux confins de l’essai, par sa rigueur analytique, et du récit, par sa beauté stylistique, s’avère-t-il, au fil de ses pages, comme une sorte de France « dépliée » ainsi que l’écrit fort joliment, dans la courte mais incisive critique qu’il a consacré à ce bel ouvrage, Jean-Marc Parisis : un « dépliement », poursuit ce dernier, que Bailly, esprit cosmopolite malgré son enracinement hexagonal, ne cesse d’opposer – qualité appréciable en ces temps de cloisonnement identitaire – au repli.
Bref : ce sont là, ces « Voyages en France », où l’on remarquera que le mot « voyage » s’inscrit ici au pluriel, comme l’intemporelle ouverture d’un livre contre l’actuelle fermeture du monde. C’est dire si la lecture, en ces géographies du promeneur littéraire, en vaut le détour !
Lire l’article en entier (Nouvel Obs)

 

Le Dépaysement : Jean-Christophe Bailly arpente les lieux communs

Certaines lectures, selon l’expression consacrée, bouleversent nos paradigmes. La plupart du temps en fanfare, à l’instar du Manifeste du Parti communiste ou de la Société du spectacle. Mais l’essai de Jean-Christophe Bailly ne contient pas d’injonction et n’a rien d’un manuel de savoir-vivre. Sous forme digressive et déambulatoire, le Dépaysement infuse à bas bruit et réfute tranquillement les contrevérités contenues sous le label « identité nationale ». Tout en invitant à porter, par incursions successives, un regard attentif  sur ce qui pour nous, fait socle.

Philosophe ? Sociologue ? Géographe ? Poète ? Jean-Christophe Bailly , avant tout flâneur érudit, échappe aux classifications, même s’il dirige actuellement l’Ecole nationale de la nature et du paysage de Blois. Qu’est-ce que la France ? Qu’est-ce qui fait son essence, sa singularité ? La meilleure focale pour s’en approcher est sans doute l’éloignement. C’est à New York, peu après 68 et son refus de tous les formalismes identitaires, que Jean-Christophe Bailly, dans un cinéma qui projetait la Règle du jeu, a éprouvé pour la première fois, à son corps défendant, une « émotion de la provenance ». Une émotion qui n’a rien d’évidente, car dit-il, une fois qu’on a pu reconnaître dans le film de Renoir quelque chose de « tellement français », on entre en terrain piégé.
[…]
Avec Bailly, l’histoire s’insinue partout, dans un rebut ferroviaire ou dans les plis d’une banlieue sans âme, qui devient sous sa plume le théâtre d’une  épopée où le Portugal a laissé sa marque, non loin de la porte de Gentilly. Musicien de la langue, Bailly fait résonner d’un lieu à l’autre des accords et des tonalités qui montrent à quel point le paysage se fait l’écho du passage des civilisations et aussi de leurs drames. […]
Alain Dreyfus
Lire l’article en entier (Les Inrocks) 

 

Jean-Christophe Bailly, le 26 janvier 2013 à l’Hôtel Lutetia, à 18h : troisième rendez-vous de « Ville – chantier poétique »

Lecture, rencontre
Jean-Christophe Bailly Impressions d’un voyageur d’aujourd’hui
Entre souvenirs et imaginaire, un portrait croisé jalonné de questions.

Athènes, Téhéran, l’une et l’autre.

« Si l’on part de Paris, Athènes est à mi-chemin de Téhéran qui elle-même est à mi-chemin de Shanghai : ainsi va la ligne de l’Orient, du Levant. En chaque point de cette ligne existe une vie particulière et chaque ville en est l’expression, mais la glissade est continue, qui transporte les échos et les signes. Athènes et Téhéran : deux villes en crise, aux contours flous. Qui ne sont pas, au sens attendu, même Athènes, de “belles” villes, comme si elles n’en avaient pas eu le temps, mais qui sont des villes vivantes, énormément vivantes… »
Jean-Christophe Bailly, écrivain et essayiste

Hôtel Lutetia / 45, bd Raspail / 75006 Paris
Tarifs : 12 €, 10 €, 6 € (adhérent) et 5 € (étudiant).
Sur place ou réservation par mail : contact@annedimitriadis.com

Devenez adhérent de l’association « Ville-chantier poétique » Vous bénéficierez automatiquement du tarif préférentiel de chaque nouvelle rencontre, expo, projection… sur toute la durée du projet « Athènes-Téhéran ».

C’était le 8 décembre 2012 à l’hôtel Lutetia : Christos Chryssopoulos, Sepideh Farsi et Nikos Graikos

C’était le 8 décembre au Lutetia, avec Christos Chryssopoulos et Sepideh Farsi, traduction simultanée de Nikos Graikos. Merci d’être venus aussi nombreux. Nous sommes touchées de votre soutien…
La soirée a débuté avec la projection d’extraits des films de Sepideh Farsi (Téhéran sans autorisation) et de Christos Chryssopoulos et Yanis Misouridis (Une lampe entre les dents). Ensuite, à partir des quatre questions que nous leur avions posé – La ville comme personnage principal ; La fragmentation comme forme ; L’influence de leur ville sur leur imaginaire ; Leurs regards croisés sur Athènes et sur Téhéran – ils ont chaleureusement débattu ensemble, accompagnés par Nikos Graikos (traduction simultanée du grec).
Une des intentions de ces rencontres étant aussi de créer des passerelles nous sommes ravies que celle-ci se soit réalisée.

Le prochain rendez-vous aura lieu le 26 janvier, toujours à l’hôtel Lutetia, avec Jean-Christophe Bailly : Impressions d’un écrivain d’aujourd’hui sur Athènes et Téhéran.
Jean-Christophe Bailly a séjourné dans chacune de ces villes et il a accepté de nous faire partager ses impressions à travers un texte inédit que nous vous invitons à venir découvrir. Le programme plus détaillé sera mis en ligne début janvier. Réservez votre soirée dès aujourd’hui par mail : contact(at)annedimitriadis.com

En attendant le 26 janvier nous vous souhaitons de bonnes fêtes… si nous survivons à la fin du monde le 21 décembre, bien entendu !