… Et aujourd’hui, comment peut-on être Persane ?

« Les lettres persanes » de Montesquieu ont, bien évidemment, été convoquées plusieurs fois au théâtre municipal pour la lecture-spectacle organisée par le Prix du Jeune Ecrivain. Invitée du soir, Sorour Kasmaï, romancière et traductrice, était là pour expliquer – en répondant aux questions de Marc Sebbah : comment peut-on être Persane aujourd’hui ? Être née dans une famille de Téhéran où le Français est une seconde langue maternelle, s’être enthousiasmée pour la révolution de Khomeini avant de déchanter cruellement, au point d’être obligée de s’enfuir d’Iran, à pied, à cheval, en âne… Trois mois pour rejoindre Paris, apprendre le russe et s’y bâtir une carrière littéraire. Pour venir à Muret, la blonde Sorour avait emporté dans ses bagages les images incantatoires de la poésie persane, empoignées à deux voix avec le comédien Réginald Huguenin, enchantées par les notes perlées du zarb (sorte de luth) de Bruno Talavera et la cadence des percussions de Pierre Blanchut. Suffisamment longtemps pour s’envoler sur les toits en terrasse, comme le font les Persans d’aujourd’hui, pour regarder la lune.
La Dépêche du Midi, jeudi 27 octobre 2011

Muret - Lecture, oct 2011, avec Réginald Huguenin

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